Rarement le milieu de terrain du Barça n'a semblé aussi à l'étroit qu'en cette semaine. Neuf jours après avoir officiellement présenté Rodri comme sa recrue phare de l'été, le club catalan doit répondre à une question pointue soulevée au sein même de ses propres supporters : a-t-il résolu le mauvais problème ?

Le club a confirmé le transfert de l'international espagnol le 18 août, l'arrachant à Manchester City pour un contrat de quatre ans après avoir devancé un baroud d'honneur du Real Madrid, selon Ynet et d'autres médias dont Sky Sports et ONE. Le montant de l'opération est évalué à une base d'environ 60 millions d'euros, avec des bonus pouvant porter le total au-delà de 75 millions d'euros.

Sur le papier, c'est un joli coup. Rodri arrive auréolé de son titre de champion du monde et fait figure de l'un des milieux défensifs les plus complets du football actuel, le genre de recrue autour de laquelle la plupart des clubs bâtiraient une saison entière. Mais une tribune publiée cette semaine dans la rubrique contributions de lecteurs de Ynet soutient que le Barça n'a fait qu'accumuler du talent supplémentaire à un poste qui n'en manquait déjà pas.

Pedri, Gavi, Dani Olmo, Fermín López, Frenkie de Jong et Marc Bernal, formé au club, se disputaient déjà une poignée de places de titulaire au milieu avant l'arrivée de Rodri. En l'ajoutant au groupe, Hansi Flick dispose désormais de six ou sept joueurs de réel talent qui se bousculent pour deux ou trois places dans son onze — un déséquilibre qui, avertit la tribune, pourrait engendrer davantage de frustration que de profondeur d'effectif.

La lacune la plus importante, selon l'auteur, se situe plus haut sur le terrain. Robert Lewandowski a quitté le club, et Ferran Torres — longtemps une option de rotation derrière le Polonais — s'est entendu à titre personnel avec le Paris Saint-Germain, a rapporté Ynet séparément. Raphinha se retrouve ainsi à porter une part disproportionnée du fardeau offensif du Barça à l'aube de la nouvelle saison.

Le Barça a été associé à plusieurs renforts offensifs, dont Anthony Gordon de Newcastle et Karim Adeyemi du Borussia Dortmund, mais aucun de ces dossiers n'est proche d'aboutir, et le travail du directeur sportif Deco cet été s'est jusqu'ici concentré sur le milieu de terrain plutôt que sur le dernier tiers du jeu.

Rien de tout cela ne diminue ce que Rodri peut apporter défensivement et dans la relance ; son intelligence de placement a été centrale dans la domination de Manchester City sous Pep Guardiola et dans le parcours de l'Espagne vers le titre mondial. La question soulevée par la tribune de Ynet est celle de l'équilibre et de l'adéquation de l'effectif, pas de sa qualité individuelle.

Il convient de souligner qu'il s'agit d'une tribune d'opinion et non d'une déclaration du club — Flick n'a donné aucune indication publique laissant penser qu'il juge son milieu de terrain surchargé, et les minutes de la présaison constitueront le véritable test de la manière dont il répartira les responsabilités entre ses options désormais pléthoriques.

Les enjeux liés à ce débat n'en demeurent pas moins réels. Le Barça vise un nouveau titre de champion d'Espagne et cherche toujours à décrocher un premier sacre en Ligue des champions depuis 2015, et la manière dont Flick gérera un vestiaire talentueux mais surpeuplé pourrait peser lourd dans la capacité de cet effectif, tel qu'il est constitué, à y parvenir.