Le ministère israélien de la Culture et des Sports s'apprête à distribuer près de 140 millions de shekels cette année via son dispositif historique d'incitation dit du « joueur israélien », rapporte ONE, mais la manière dont cette somme est répartie entre les différents sports a provoqué une vive polémique parmi les clubs d'élite.

Contrairement à ce que son nom au singulier pourrait laisser penser, ce fonds ne correspond pas à un versement lié au transfert d'un unique footballeur ou basketteur. Il s'agit d'une subvention annuelle versée par le ministère aux clubs israéliens de plusieurs disciplines, calculée en fonction du temps de jeu accordé aux joueurs éligibles au titre israélien, un mécanisme conçu pour encourager le développement des talents locaux plutôt que le recours aux joueurs importés.

Selon les chiffres rapportés par ONE, les clubs masculins de Premier League de football devraient recevoir la plus grosse enveloppe individuelle, environ 2,5 millions de shekels par équipe. Mais ce sont les montants suivants qui ont déclenché la controverse : les clubs féminins de Premier League de basket-ball devraient toucher environ 1,989 million de shekels chacun, devant les clubs masculins de basket-ball avec environ 1,584 million.

Les clubs féminins de Premier League de football, eux, devraient recevoir environ 1,206 million de shekels, tandis que les équipes féminines de basket-ball de National League percevront environ 747 000 shekels. Les clubs masculins de volley-ball sont prévus pour environ 432 000 shekels et les clubs masculins de handball pour environ 374 000 shekels, selon la ventilation présentée par ONE.

Le point de friction pour les dirigeants du football réside dans l'écart entre les enveloppes allouées au basket-ball masculin et féminin et celle destinée au football féminin, alors qu'une équipe de football aligne onze joueuses à la fois contre cinq au basket-ball, et supporte donc des coûts de fonctionnement bien plus élevés par équipe.

ONE rapporte que les clubs touchés par ce remaniement n'ont pas caché leur frustration, des représentants se plaignant que « nous avons construit nos budgets et, soudainement, sans prévenir, ils ont considérablement réduit les nôtres », s'interrogeant sur les raisons qui ont conduit à privilégier le basket-ball dans ce nouveau calcul.

Le ministère, selon ONE, a modifié les critères utilisés pour calculer les subventions, abandonnant une formule pondérée en fonction de la popularité au profit d'une prise en compte accrue des coûts de fonctionnement réels de chaque sport et de la nécessité de combler les écarts historiques dans le financement du sport féminin.

Un communiqué du ministère cité par ONE assume pleinement ce virage : « Le ministère ne s'excusera pas d'investir dans le sport féminin », affirmant que ce changement relève d'une politique délibérée et non d'un oubli.

Le dispositif du « joueur israélien » est un pilier du financement public du sport depuis plusieurs années ; ONE et d'autres médias avaient déjà couvert sa réaffectation annuelle par le passé, et il verse l'argent directement aux clubs plutôt qu'aux fédérations dirigeantes de chaque discipline.

Pour l'instant, les chiffres rapportés correspondent aux allocations du ministère pour l'année et non à un règlement final et audité, et les clubs perdants dans ce nouveau calcul devraient continuer à faire pression publiquement sur le ministère dans les semaines à venir.