Jérémy Doku a livré le récit le plus complet à ce jour de la maladie effrayante qui a bouleversé sa Coupe du Monde, avec un détail qui fait sourciller bien au-delà de l'infirmerie : l'ailier belge affirme que le traitement dont il a eu besoin comprenait de la cortisone, une substance figurant sur la liste des produits interdits de l'Agence mondiale antidopage.

« J'aurais pu pleurer de douleur », a déclaré Doku à propos des jours où son état était au plus mal, selon ONE, qui a rapporté les confidences de l'attaquant de Manchester City. Il a décrit avoir reçu de la cortisone pour gérer la crise, un médicament pouvant entraîner un contrôle antidopage positif s'il n'est pas expressément autorisé.

Cette autorisation a bien été délivrée, rapporte ONE : la procédure antidopage de la FIFA a accordé à Doku une autorisation d'usage à des fins thérapeutiques (AUT), le mécanisme officiel qui permet à un athlète de prendre un médicament normalement interdit en cas de besoin médical réel, sans enfreindre le règlement. Sans elle, ce même traitement aurait pu l'exposer à une affaire de dopage plutôt qu'à un titre bienveillant.

L'épisode a débuté de la meilleure des manières, Doku étant titulaire lors du match d'ouverture de la Belgique face à l'Égypte et jouant jusqu'à la 86e minute d'un match nul 1-1. C'est après coup que son corps s'est retourné contre lui : une toux persistante a évolué vers quelque chose de bien plus sérieux.

Plusieurs médias, dont ESPN et OneFootball, ont rapporté séparément que l'état de Doku s'était aggravé au point qu'il crachait du sang et peinait à respirer, des examens révélant finalement la présence de liquide dans ses poumons. Il a dû être hospitalisé en urgence en pleine nuit pour stabiliser son état.

La maladie lui a coûté le deuxième match de poules de la Belgique, face à l'Iran, pour lequel il a été totalement écarté. Le staff médical belge et les médecins de la FIFA ont œuvré tout au long du tournoi pour encadrer un joueur qui, selon ses propres mots, a vécu l'une des pires souffrances physiques de sa carrière.

Un drame personnel se jouait en parallèle. Pendant que Doku était soigné, il a appris que son épouse avait accouché prématurément, plusieurs semaines avant le terme. Il a quitté le rassemblement de la Belgique et s'est envolé pour assister à la naissance de son premier enfant, un garçon que le couple a prénommé Praise, avant de rejoindre le groupe.

La cortisone est efficace pour calmer une inflammation aiguë, mais elle n'est pas sans conséquence pour un athlète de haut niveau : elle peut fragiliser muscles et tendons et compliquer un retour rapide au meilleur de sa forme physique. Doku n'a jamais totalement retrouvé son meilleur niveau pour le reste du tournoi, une conséquence à la fois de la maladie et de son traitement.

Il a néanmoins pu être de retour pour le dernier match de poules de la Belgique, et les Diables Rouges se sont qualifiés pour la suite du tournoi avant que leur parcours en Coupe du Monde ne s'achève en quarts de finale, battus par l'Espagne.

Cet épisode laisse à Doku une note de bas de page singulière pour une Coupe du Monde qui lui a aussi apporté la paternité : une maladie soignée en toute légalité qui, sur le papier, impliquait une substance interdite, résolue uniquement parce que les démarches administratives auprès des médecins de la FIFA ont été effectuées correctement et à temps.