Le Žalgiris Kaunas a enrôlé Jonas Valančiūnas, ramenant le pivot titulaire de la sélection lituanienne au basket-ball de club national après 14 saisons en NBA. Cette arrivée offre à la formation d'EuroLeague l'un des intérieurs les plus reconnaissables du continent. Sa véritable valeur, cependant, va au-delà de la réputation : une référence en demi-terrain capable de créer des possessions efficaces sans que l'attaque n'ait besoin d'être construite autour de l'isolation périmétrique.

L'étiquette de « retour au pays » n'est pas anodine. Valančiūnas s'est formé au Perlas et au Lietuvos Rytas avant de partir pour Toronto en 2012, et il n'est jamais retourné dans son ancien club. Sa dernière saison d'EuroLeague remonte à 2010/11 avec le Rytas, suivie d'une campagne d'EuroCoupe durant laquelle il tournait à 10,8 points, 7,6 rebonds et 1,6 contre de moyenne. En revêtant le vert du Žalgiris, il renoue avec le basket-ball lituanien tout en se retrouvant dans le camp opposé de la rivalité nationale la plus chargée du pays.

Toronto avait sélectionné Valančiūnas en cinquième position de la draft 2011, et sa carrière en NBA l'a ensuite mené à Memphis, La Nouvelle-Orléans, Washington, Sacramento et Denver. Au fil de ce parcours à six franchises, il est passé du statut de titulaire de longue date à celui de vétéran d'appoint sans perdre l'essence de son jeu : scorer près du cercle, poser des écrans pour des créateurs à plus fort volume de jeu, contrôler le rebond défensif et accepter un temps de jeu fluctuant à mesure que les effectifs devenaient plus petits et plus rapides.

Sa dernière saison à Denver illustre bien cette ultime transition. Valančiūnas a disputé 65 matchs, dont six comme titulaire, avec des moyennes de 8,7 points, 5,1 rebonds et 1,2 passe décisive en 13,4 minutes, derrière Nikola Jokić. Ce temps de jeu modeste ne doit pas être confondu avec un rôle secondaire : Denver avait besoin d'une production physique concentrée sur de courtes séquences. Le Žalgiris peut désormais offrir aux mêmes qualités davantage de possessions et une place plus claire dans la hiérarchie.

Offensivement, l'attrait tient d'abord à la géométrie du jeu. Un pivot qui s'installe en position basse profonde force la défense à choisir entre concéder un marquage individuel et envoyer une aide venant d'un shooteur, et ses écrans peuvent créer de l'espace avant même qu'il ne touche le ballon. Les rebonds offensifs transforment des possessions pourtant défendues en secondes chances. Pour que ces avantages tiennent au rythme de l'EuroLeague, le Žalgiris devra conserver suffisamment de tireurs autour de lui pour que la raquette ne s'encombre pas de défenseurs supplémentaires.

Le calcul défensif est moins clément. Valančiūnas reste un excellent rebondeur et un élément dissuasif près du cercle, mais les adversaires chercheront à le solliciter à répétition dans des actions de pick-and-roll et à l'attirer dans l'espace. Le Žalgiris peut s'en prémunir avec une couverture prudente, des rotations disciplinées côté faible et des défenseurs mobiles ailleurs sur le terrain. La signature apporte de la taille ; empêcher les rivaux de transformer cette taille en cible est désormais le défi qui incombe au staff technique.

Sa forme récente en sélection laisse penser qu'une production significative de haut niveau reste à sa portée. À l'EuroBasket 2025, il a tourné à 15,7 points et 6,7 rebonds de moyenne avec la Lituanie sur sept matchs, en convertissant 64,7 % de ses tentatives à deux points. Un tournoi de sélection nationale est plus court qu'une saison d'EuroLeague, mais cela a montré qu'une charge offensive plus importante pouvait encore produire un scoring efficace plutôt que des minutes honorifiques de vétéran.

Le Žalgiris fait en réalité deux paris à la fois. Le pari émotionnel est que le pivot en activité le plus établi de Lituanie puisse renforcer le lien entre l'équipe et son public de basket. Le pari sportif est qu'un rôle européen bien défini tirera davantage de Valančiūnas que la mission réduite qui était la sienne à Denver. Aucun des deux n'est garanti par le nom inscrit sur le maillot, mais tous deux reposent sur un ensemble de qualités — écrans, scoring dans la raquette, rebond — qui reste immédiatement lisible.