L'AS Monaco Basket, champion de France en titre, a été formellement exclu des deux divisions professionnelles du basketball français pour la saison 2026-27, rapporte ONE, après l'échec dans les dernières heures d'un plan de sauvetage censé sauver le club, avant l'expiration d'un délai fixé par la fédération.

La Chambre d'appel de la Fédération française de basketball a confirmé l'exclusion après que Monaco n'a pas fourni les garanties financières et les documents qu'il devait produire avant le 31 juillet, mettant fin à un mois de bataille pour préserver l'un des effectifs les plus étoilés d'Europe pour une saison supplémentaire.

Le feuilleton a débuté le 3 juillet, lorsque la DNCCG, l'organe de contrôle financier du basketball français, a refusé d'admettre Monaco aussi bien en Betclic Élite, l'élite du championnat, qu'en Élite 2, la deuxième division, invoquant des garanties insuffisantes sur la viabilité économique du club et la lenteur des avancées dans le rachat de l'actionnariat.

Au cœur de la crise se trouve Alexey Fedorychev, actionnaire majoritaire et principal sponsor de Monaco depuis 2022, dont les avoirs ont été gelés dans le cadre de procédures judiciaires internationales, avec notamment une saisie d'environ 41 millions d'euros en Italie, selon des informations concordantes. Les répercussions ont empêché le club de verser les salaires à temps et lui ont valu des sanctions financières répétées de l'EuroLeague au cours de la saison écoulée.

Les obligations de Monaco ont été évaluées à environ 24 millions d'euros, dont quelque 8 millions d'euros de passifs enregistrés fin juin, en plus des 16 millions d'euros déjà avancés par la Principauté de Monaco en tant que garante, simplement pour permettre au club de terminer la saison dernière et son parcours en playoffs d'EuroLeague.

Convoqué devant la Chambre d'appel le 20 juillet, le club a obtenu dix jours supplémentaires pour finaliser une reprise et remettre une garantie bancaire. Cette bouée de sauvetage reposait sur l'ancien All-Star de NBA Jamal Mashburn, dont le véhicule d'investissement, Helen Holdings, négociait la reprise du club aux mains de Fedorychev et avait proposé de réduire le budget à une fourchette de 10 à 12,5 millions d'euros pour la saison prochaine.

Un instant, l'accord a semblé pouvoir aboutir : des médias français ont rapporté que la Chambre d'appel s'apprêtait à valider la reprise dès le dépôt d'une garantie bancaire d'environ 7 millions d'euros. Elle n'est jamais arrivée à temps, et la fédération a confirmé que Monaco « n'a pas été en mesure de produire les documents demandés dans le délai imparti ».

La conséquence est brutale. Monaco, champion de France pour la troisième fois en quatre saisons, n'est pas seulement exclu de la Betclic Élite et de l'Élite 2, le club perd également sa place en EuroLeague la saison prochaine, conséquence directe de la sanction nationale.

Le club conserve une voie de recours théorique pour contester la décision, d'abord devant le Comité National Olympique, puis, si nécessaire, devant le Tribunal administratif, mais aucune de ces deux options ne devrait permettre de rétablir la place de Monaco avant que les effectifs et calendriers de la nouvelle saison ne soient arrêtés.

Pour un club qui a bâti ces dernières années l'un des effectifs les plus compétitifs de l'EuroLeague autour de son capitaine Mike James, cette décision dissout de fait l'équipe telle qu'elle était constituée, joueurs et staff devant désormais chercher un nouveau club avant le début de la saison, ailleurs.