L'Hapoel Eilat a nommé Rani Cohen directeur général alors que le club se prépare à retrouver l'élite du basket-ball israélien. Le contexte fait de cette nomination bien plus qu'un simple changement administratif de routine. Eilat passe d'une campagne de National League dominatrice à une compétition aux exigences de licence différentes, avec des pressions salariales et des risques d'effectif accrus, et Cohen arrive avec une expérience acquise à la fois au sein d'un grand club et de l'administration centrale de la ligue.
La montée a été acquise avec éclat. Eilat a validé sa place en avril grâce à une victoire 84-70 à Ashkelon, avant de terminer la saison régulière de National League avec 29 victoires en 30 matches. Le bilan final établi par la fédération israélienne de basket-ball fait état d'une moyenne de 94,2 points marqués contre 78,1 encaissés — un écart qui confirme l'ampleur de leur supériorité plutôt que de réduire la saison à un seul résultat décisif.
Cohen avait auparavant occupé le poste de directeur général par intérim de la Basketball Super League durant la saison 2023-2024, marquée par des perturbations, et les archives de la ligue lui reconnaissent le mérite d'avoir piloté l'organisation durant cette période, avant la nomination de David Bason. Plus tôt encore, il avait occupé un poste administratif de haut niveau à l'Hapoel Jerusalem, ce qui lui a donné une expérience directe des standards commerciaux et opérationnels attendus autour d'un club évoluant au sommet du championnat national.
Sa mission immédiate à Eilat est structurellement différente de celle qui consiste à décrocher la montée. Le premier chantier est administratif : licence, inscriptions, contrôle budgétaire et engagements commerciaux doivent tous être prêts pour une division qui exerce une pression financière et opérationnelle bien plus forte. Des décisions qui pouvaient auparavant être prises séparément par différents services durant une saison de National League doivent désormais s'inscrire dans un plan unique, pensé pour l'élite.
Le second chantier est sportif. Un effectif construit pour dominer une longue campagne de deuxième division doit désormais résister chaque semaine à des désavantages de confrontation, sans pour autant signer des contrats qui pénaliseraient le club au-delà d'une seule saison. L'équilibre entre joueurs étrangers, la profondeur de banc israélienne et le lien entre les priorités du staff technique et le budget disponible deviennent des décisions interconnectées plutôt que de simples choix de recrutement isolés.
La géographie d'Eilat ajoute une difficulté supplémentaire. Le club doit attirer joueurs et staff vers le marché d'élite le plus au sud d'Israël, gérer la logistique de déplacements et d'entraînement qui en découle, et transformer l'élan d'une saison à 29 victoires pour une défaite en un public local stable. Rien de tout cela ne se règle par le seul bilan de la montée — la valeur de Cohen se mesurera à la capacité du club à bâtir des systèmes reproductibles autour de ces contraintes, plutôt qu'à s'appuyer sur l'émotion du retour dans l'élite.
Ni la durée du contrat ni la structure de direction détaillée n'ont été rendues publiques. Ce qui est avéré, c'est que Cohen prend en main un club promu doté d'une base statistique exceptionnellement solide et d'une fenêtre de transition resserrée. Le secteur sportif doit encore assembler un effectif capable de tenir l'espace et le rythme de l'élite ; le rôle du nouveau directeur général est de rendre cette ambition viable, tant financièrement qu'opérationnellement.



