Le MS Ashdod a porté son combat pour rester dans la course à un retour rapide en Premier League jusqu'au tribunal suprême du football israélien, sollicitant la plus haute instance disciplinaire du jeu pour reporter le match d'ouverture de National League de lundi face au Hapoel Afula.

L'avocat Amit Hadad, représentant le club relégué, a déposé une demande urgente priant la présidence du tribunal soit d'ordonner le report du match dans l'attente d'une décision ultérieure, soit, à défaut, d'accorder une injonction provisoire gelant purement et simplement la rencontre. Selon ONE, le panel devait se réunir lundi après-midi pour entendre les arguments des deux parties, quelques heures avant le coup d'envoi prévu.

L'argumentation d'Ashdod porte sur le calendrier plutôt que sur le football. Le club affirme que disputer le match comme prévu, avant que toutes les conséquences d'un acte d'accusation grave contre Ironi Tiberias ne soient connues, créerait ce que sa requête appelle une « dépendance croissante » qui « réduirait la liberté d'action future » - en somme, un résultat qui ne pourrait jamais être annulé, même si Tiberias venait à être frappé plus tard de sanctions sévères.

L'affaire Tiberias est à l'origine de cette urgence. Selon l'acte d'accusation déposé par la Fédération israélienne de football fin juillet, des dirigeants du club ont organisé des perfusions intraveineuses interdites pour six joueurs dans le vestiaire dans les jours précédant un match décisif de maintien face à Ashdod le 3 mai, remporté 3-0 par Tiberias. Les perfusions ont été administrées sans la présence d'un médecin et auraient dépassé les volumes autorisés par le règlement médical de la fédération.

L'acte d'accusation désigne le propriétaire Miki Bitan comme l'instigateur, affirmant qu'il a poussé à recourir aux perfusions après un match de championnat contre Ironi Kiryat Shmona et qu'il a mené ce projet à bien alors même qu'il lui était interdit de toute implication dans les affaires du club en vertu d'un accord de règlement signé seulement quelques semaines plus tôt, en avril. Tiberias est poursuivi pour complicité d'usage de substances interdites avec circonstances aggravantes, violation du règlement de la fédération et non-respect de l'accord de règlement ordonné par la justice.

De son côté, Ashdod a fini par descendre malgré tout. Le club s'est incliné 1-0 face au Hapoel Jérusalem le 13 mai, scellant sa relégation en National League après une décennie passée dans l'élite - une chute que le club estime aujourd'hui aurait pu être évitée, ou pourrait encore être annulée, selon la sévérité de la sanction infligée à Tiberias.

Les sanctions envisagées contre Tiberias vont d'un retrait de points à une relégation de la Premier League, deux issues qui pourraient théoriquement ouvrir à Ashdod une voie pour récupérer sa place dans l'élite. C'est pourquoi le club tient à éviter d'entériner le moindre résultat - à commencer par la rencontre face à Afula - tant que l'affaire n'est pas résolue.

Ce n'est pas la première démarche d'Ashdod dans ce dossier. Le club a déjà demandé à la Fédération de football de geler les rencontres de championnat impliquant les deux clubs jusqu'au règlement de l'affaire Tiberias, et a par ailleurs sollicité son admission comme partie intéressée à la procédure disciplinaire, en demandant un calendrier accéléré afin qu'une décision tombe avant que la saison 2026/27 ne prenne pleinement forme.

Le Hapoel Afula n'est, pour l'heure, que l'adversaire pris malgré lui dans un conflit qui ne le concerne en rien. La tenue ou non de la première journée de National League telle que prévue dépend de la décision du tribunal, attendue de manière imminente après l'audience de lundi.