David Natan, l'un des champions de la légendaire « saison miracle » du Hapoel Ramat Gan en 1963-1964, est mort à l'âge de 86 ans. Selon un article publié par ONE vendredi soir, il a été inhumé au cimetière de Yarkon, entouré du deuil de sa famille, de ses anciens coéquipiers et de plusieurs générations de supporters du club.

L'équipe à laquelle il appartenait occupe une place singulière dans l'histoire du football israélien. Fraîchement promu de deuxième division, le Hapoel Ramat Gan a remporté le championnat 1963-1964 — devenant le premier club du pays à décrocher le titre dès sa première saison de retour dans l'élite.

Une équipe solidifiée par le gardien vétéran Yaakov Chodorov, capitainée par Reuven Cohen et affûtée par les buts de Shlomo Levi a créé la sensation face aux puissances établies de Tel-Aviv et Haïfa. Ce titre reste, à ce jour, le seul championnat remporté par le club.

Natan, formé au sein même du centre de formation du club, était plutôt un joueur de rotation qu'un titulaire indiscutable, avec cinq apparitions en championnat lors de la saison du sacre. Les archives des feuilles de match du club montrent pourtant tout ce que ces quelques minutes ont pu rapporter.

Il inscrit un but victorieux à la 90e minute lors d'une victoire 2-1 face au Bnei Yehuda, au stade Makhtesh de Givatayim, en novembre 1963, puis le troisième but décisif d'une victoire 3-2 à l'extérieur contre le Maccabi Haïfa en février suivant. L'un de ses deux buts a été marqué depuis l'intérieur de la surface ; l'autre était une tête.

L'article annonçant sa mort insiste surtout sur sa vitesse, décrite par ses contemporains comme remarquable même dans un vestiaire comptant de plus grands noms, et sur la générosité avec laquelle il jouait. Après ses années au Ramat Gan, il a poursuivi sa carrière dans le football régional, portant les couleurs du Maccabi Ramat Amidar puis du Hapoel Givatayim.

Sa disparition survient à un moment particulièrement douloureux. Le fils de Natan, Tal Natan, est le sélectionneur de l'équipe nationale féminine israélienne des moins de 20 ans, qui a remporté le 13 juillet une médaille d'argent historique au Championnat d'Europe en Lituanie — la première médaille jamais obtenue par une sélection féminine israélienne — après une défaite 79-66 face à la France en finale.

Selon l'article, il est rentré du tournoi à temps pour faire ses adieux à son père.

Cet adieu survient également à un moment de renouveau pour le club que Natan a aidé à sacrer. Le Hapoel Ramat Gan a validé son retour en Israeli Premier League en mai, en se qualifiant via les barrages de Liga Leumit, retrouvant ainsi la compagnie que fréquentait jadis la génération de Natan.

Aucune cause de décès n'a été communiquée. Avec le départ de Natan, le cercle des hommes qui ont offert au football israélien son championnat le plus improbable se réduit encore, mais les noms inscrits sur ces feuilles de match de 1964 — Chodorov, Heiman, Levi, Natan — demeurent, pour les supporters de Ramat Gan et de Givatayim, l'étalon auquel toutes les équipes suivantes ont depuis été mesurées.