Israël est arrivé au Mexique en 1970 pour ses grands débuts en Coupe du monde, qualifié aux dépens de l'Australie, découvrant un tournoi dont l'équipe n'avait auparavant qu'observé l'ampleur de loin. Le premier match de poule s'est soldé par une défaite 2-0 face à l'Uruguay. Ce résultat obligeait la sélection d'Emanuel Sheffer à réagir face à la Suède, à Toluca — non par souci de symbole, mais simplement pour rester en vie dans la compétition.

La pression était simple à décrire. Israël ne disputait que trois matches de poule et ne pouvait se permettre un début poussif, la victoire ne rapportant que deux points selon le barème de l'époque. Une nouvelle défaite aurait privé le dernier match, contre l'Italie, de quasiment tout enjeu sportif. La Suède, autrement dit, était le match où la simple participation devait se transformer en résistance.

La première mi-temps de ce 7 juin s'est achevée sans but. La Suède a fait la différence à la 56e minute par Tom Turesson, selon le procès-verbal officiel de la Fédération israélienne de football. Pour une équipe débutante déjà en délicatesse dans son groupe, ce but aurait pu donner l'impression que le tournoi allait s'arrêter très vite. Au lieu de cela, Israël a répliqué presque immédiatement.

Mordechai Spiegler a égalisé à la 59e minute. La rétrospective de la FIFA évoque une frappe d'environ 20 mètres, tandis que le procès-verbal de la Fédération israélienne confirme à la fois l'auteur du but et le score final de 1-1. La distance n'est pas anodine : il ne s'agissait pas de l'aboutissement d'une action lente construite jusque dans les six mètres, mais d'une décision prise tôt et frappée assez proprement pour renverser le match avant que la Suède ne puisse s'installer dans son avantage.

Ce but demeure unique. Le bilan de la campagne, selon la Fédération israélienne, montre qu'Israël n'a marqué qu'une seule fois sur ses trois matches au Mexique, faisant de Spiegler l'unique buteur de l'histoire de la sélection masculine en Coupe du monde. Sorti de son contexte, ce fait peut sonner comme une simple mention d'archives. Dans son cadre réel, il s'agissait d'une égalisation inscrite trois minutes après avoir encaissé l'ouverture du score, sous la pression d'une élimination possible.

Le moment choisi a également rebattu les cartes tactiques. La Suède n'a jamais eu l'occasion de protéger son avantage par une longue période de possession ralentie ou un bloc défensif reculé, car Israël a effacé cette configuration de jeu presque aussitôt qu'elle était apparue. La demi-heure restante est devenue une lutte pour inscrire le but suivant plutôt qu'une tentative d'échapper à un avantage suédois installé — conserver le nul relevait d'une gestion active du match, non d'une survie après un but tardif de pure forme.

L'équipe d'Israël reposait sur une discipline collective plutôt que sur une star censée porter chaque phase de jeu. La composition face à la Suède était la suivante : le gardien Itzhak Vissoker, le capitaine David Primo, Itzhak Shum, Giora Spiegel et Spiegler. La FIFA a par la suite rappelé la cohésion quasi-clubiste du groupe, la préparation, la responsabilité partagée et l'absence d'ego étant, selon les joueurs eux-mêmes, au cœur de leur capacité à rivaliser.

Quatre jours plus tard, Israël a fait match nul 0-0 face à l'Italie dans la même ville, une sélection italienne qui comptait notamment Luigi Riva et Gianni Rivera, selon le procès-verbal de la Fédération israélienne — et ce, sans encaisser le moindre but. Combiné au résultat face à la Suède, ce résultat a permis aux débutants de quitter le Mexique avec deux points, selon le barème alors en vigueur, et seulement trois buts encaissés en trois matches.

Israël n'est plus retourné en Coupe du monde masculine depuis 1970, une absence qui donne un poids supplémentaire à chaque photo et à chaque image d'archive ayant survécu. Mais cet exploit n'a besoin d'aucune enjolivure romantique. La séquence parle d'elle-même : un premier tournoi, une défaite inaugurale, une réplique immédiate face à la Suède, un clean sheet face à l'Italie, et un seul but qui reste, à ce jour, l'intégralité du palmarès buteur d'Israël en Coupe du monde.