La 16e Maccabiah s'est ouverte au Teddy Stadium de Jérusalem le 16 juillet 2001, après avoir frôlé le report. Une situation sécuritaire dégradée avait réduit la participation attendue et forcé les organisateurs à se demander si les Jeux pourraient seulement avoir lieu. L'ouverture finale a donc été bien plus qu'un simple lancement protocolaire : elle a marqué l'instant où des mois d'incertitude sont devenus une compétition bien réelle.

L'histoire officielle ultérieure de la Maccabiah fait état d'une réunion d'urgence en juin et de garanties gouvernementales portant sur des mesures de sécurité exceptionnelles. Ce regard rétrospectif explique la décision institutionnelle. Les comptes rendus de l'époque montrent, eux, ce que cela signifiait sur le terrain : les athlètes se voyaient assigner une protection lors de leurs déplacements, les contrôles d'entrée étaient poussés, et le récit du jour d'ouverture dénombrait plus de 1 000 agents de sécurité autour du stade.

Même dans ces conditions, la cérémonie a eu de l'ampleur. Un reportage transmis depuis Jérusalem ce soir-là recensait plus de 2 000 athlètes représentant 45 pays et environ 20 000 spectateurs locaux. Les délégations sont entrées sous les applaudissements, l'équipe israélienne recevant le plus grand accueil, tandis que feux d'artifice, acrobates, danseurs et spectacle de masse transformaient le terrain en scène, sans pour autant faire oublier la tension qui régnait à l'extérieur.

Les deux athlètes chargés de la flamme ont donné à ce spectacle une portée sportive plus marquée. Le champion d'Europe de saut à la perche Alex Averbukh a porté la torche jusque dans le Teddy Stadium, et Keren Leibovitch — triple médaillée d'or en natation aux Jeux paralympiques de Sydney l'année précédente — l'a allumée. Leurs rôles réunissaient l'excellence sportive israélienne olympique et paralympique, au moment précis où les organisateurs demandaient aux Jeux d'incarner la continuité.

Le Teddy Stadium portait sa propre signification : les annales officielles de la Maccabiah désignent la cérémonie de 2001 comme la première ouverture de l'histoire du mouvement à s'y être tenue. Déplacer l'événement à Jérusalem plaçait les Jeux dans un lieu entouré des pressions politiques et sécuritaires du moment, plutôt que de mettre la cérémonie à l'abri de celles-ci.

Il restait un autre souvenir que les organisateurs ne pouvaient écarter. Quatre membres de la délégation australienne étaient morts après l'effondrement d'un pont lors de l'ouverture de la Maccabiah de 1997 à Ramat Gan, et la cérémonie de 2001 comprenait un hommage à ces athlètes, tandis que l'équipe australienne s'était rassemblée la veille sur les lieux du drame. Les nouveaux Jeux s'ouvraient alors que la responsabilité, le deuil et la confiance hérités de l'édition précédente restaient non résolus.

Le programme lui-même avait été réduit. Il s'est déroulé sur sept jours au lieu des dix habituels, et l'effectif était plus restreint qu'à l'accoutumée. Les articles parus avant l'ouverture annonçaient environ 2 000 athlètes venus d'une quarantaine de pays, contre environ 5 000 participants lors d'une édition normale — une prévision qui diffère légèrement du décompte du soir de l'ouverture, simplement parce qu'elle avait été rédigée avant les dernières arrivées. Ensemble, ces deux chiffres décrivent la même réalité : des Jeux réduits mais toujours internationaux.

La compétition a tout de même produit un bilan sportif éclatant. Israël a terminé très largement en tête du tableau des médailles avec 96 ors, 74 argents et 74 bronzes ; les États-Unis suivaient avec 21 ors, 23 argents et 30 bronzes. Le champion olympique Lenny Krayzelburg a été la figure de proue dans les bassins, tandis que les médaillés d'or olympiques Maria Mazina et Sergei Charikov renforçaient le programme d'escrime. Ces chiffres comptent, car ils empêchent que l'événement ne soit retenu uniquement comme une opération de sécurité assortie d'une cérémonie d'ouverture.

Le souvenir qu'on en garde aujourd'hui présente souvent la Maccabiah de 2001 comme une démonstration de résilience, et les éléments de l'époque confirment cette lecture — tout en rendant cet accomplissement moins abstrait. Des athlètes ont pris individuellement la décision de faire le voyage. Les organisateurs ont accepté un événement condensé. Les forces de sécurité ont transformé la façon dont chacun se déplaçait, et les spectateurs de Jérusalem ont malgré tout rempli le Teddy Stadium.

Le fait qui demeure n'est pas que la peur ait disparu le 16 juillet. C'est qu'un événement sportif international juif a débuté en pleine vue du public alors que cette peur était encore bien présente.